EI, EURL ou SASU : quel statut choisir pour créer seul ?

EI, EURL ou SASU : quel statut choisir pour créer seul son entreprise ?

En bref

  • EI : la formule la plus simple, sans création de société.
  • EURL : une société ; son gérant associé unique relève du régime des travailleurs non salariés.
  • SASU : une société ; son président est assimilé salarié (régime général), avec des cotisations plus élevées.
  • Le bon choix dépend de votre rémunération, de vos projets d’investissement et de la façon dont vous voulez vous verser vos revenus.

Créer seul son entreprise, c’est d’abord choisir sa forme juridique. Ce choix a des conséquences durables sur votre protection sociale, votre fiscalité et vos formalités. Voici les grands repères pour comparer les trois options les plus courantes.

L’entreprise individuelle (EI)

L’EI ne crée pas de société : vous exercez en votre nom propre. C’est la formule la plus simple à créer et à gérer. Depuis 2022, le patrimoine professionnel de l’entrepreneur individuel est séparé de son patrimoine personnel. Le régime de la micro-entreprise, avec ses formalités allégées, est une variante de l’EI réservée aux activités dont le chiffre d’affaires reste sous certains plafonds.

Pour qui ? Pour démarrer une activité seul, tester un projet ou exercer une activité sans gros investissement.

L’EURL : la SARL à associé unique

L’EURL est une société, avec un capital, des statuts et des comptes annuels à approuver et à déposer. Son gérant associé unique relève, lorsqu’il est rémunéré, du régime des travailleurs non salariés (TNS) : les cotisations sont généralement moins élevées que celles d’un salarié, pour une protection sociale moins étendue.

Fiscalement, l’EURL dont l’associé unique est une personne physique relève par défaut de l’impôt sur le revenu, avec une option possible pour l’impôt sur les sociétés. Point d’attention : à l’IS, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital (augmenté des primes d’émission et des sommes en compte courant) est soumise aux cotisations sociales.

La SASU : la SAS à associé unique

La SASU est elle aussi une société, avec une grande liberté de rédaction des statuts. Son président, lorsqu’il est rémunéré, est assimilé salarié et relève du régime général de la Sécurité sociale : une protection proche de celle d’un cadre, mais sans assurance chômage et avec des cotisations plus élevées.

La SASU relève par défaut de l’impôt sur les sociétés (option temporaire possible pour l’impôt sur le revenu, limitée à cinq exercices). Les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales, ce qui permet d’arbitrer entre rémunération et dividendes.

Le point sur l’impôt sur les sociétés

Une société à l’IS est imposée au taux normal de 25 %. Un taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME qui remplissent deux conditions : un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 10 millions d’euros et un capital entièrement libéré, détenu à au moins 75 % par des personnes physiques.

Les bonnes questions à se poser

  • Quel niveau de rémunération prévoyez-vous de vous verser, et à quel rythme ?
  • Quelle protection sociale souhaitez-vous (maladie, retraite, prévoyance) ?
  • Envisagez-vous d’accueillir des associés ou des investisseurs plus tard ?
  • Comptez-vous réinvestir vos bénéfices dans l’entreprise ?

Il n’y a pas de statut idéal dans l’absolu : la bonne réponse se construit à partir de chiffres. C’est l’objet du prévisionnel que le cabinet établit avec vous lors d’une création d’entreprise, avant de rédiger les statuts (voir notre assistance juridique).

Une question sur votre situation ?

Les experts-comptables du cabinet TWO, à Hoerdt, vous répondent : premier rendez-vous sans engagement.

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Sources : Bpifrance Création, « Comparaison EURL/SASU » ; Entreprendre Service Public, « Impôt sur les sociétés (IS) : taux, déclaration, paiement », fiche F23575 (vérifiée le 17/02/2026). Les règles sociales et fiscales évoluent : faites valider votre choix au moment de la création.